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mercoledì 12 settembre 2007

Nurit Peled-Elhanan: «Les Israéliens n'ont pas conscience d'être des racistes»

Caroline Stevan, Le Temps, 12/09/07. Entretien avec la militante pour la paix Nurit Peled-Elhanan. L'engagement, chez les Peled-Elhanan, est une tradition familiale. Le père, Matitiahu, fut une gloire militaire de Tsahal avant de devenir un ennemi acharné de la colonisation pratiquée par l'Etat hébreu. La fille, Nurit, milite depuis des années pour bâtir des ponts entre Israéliens et Palestiniens. Les petits-fils sont des «refuzniks», ces soldats s'opposant au service dans les territoires occupés. Nurit, qui a perdu une enfant dans un attentat-suicide, a reçu le Prix Sakharov en 2001. Samedi, à Genève, la Fondation Paul K. Feyerabend lui a remis la récompense «Un monde solidaire est possible.»

Le Temps: Professeur à l'Université de Jérusalem, vous vous intéressez au contenu des manuels scolaires israéliens. Que constatez-vous?

Nurit Peled-Elhanan:L'éducation, en Israël, est extrêmement raciste. Et pas seulement à l'école; l'ethnocentrisme passe aussi par la musique, le théâtre ou les médias. Il y a toujours une distinction entre ce qui est juif et ce qui ne l'est pas. Dans les livres, les cartes d'Israël n'ont pas de frontières. La ligne verte, le mur de sécurité et les villes palestiniennes n'existent tout simplement pas. Les illustrations ne comprennent aucun visage arabe: les Palestiniens sont représentés de loin, de dos, et toujours de manière caricaturale, paysans avec des vieilles charrues ou terroristes cagoulés. On ne parle d'ailleurs jamais de «Palestiniens», mais seulement d'«Arabes». Récemment, un manuel a évoqué le «conflit sioniste palestinien» au lieu de «judéo-arabe», il a été interdit. Le problème est que les Israéliens n'ont pas conscience d'être racistes, ils pensent même être tolérants. Pour preuve, le cimetière musulman le plus ancien du Moyen-Orient va être rasé pour bâtir la Maison de la tolérance! L'indulgence existe sûrement, mais elle s'arrête aux juifs.

- Toute votre famille appartient au «Forum des familles endeuillées», mais pas vous. Pour quelle raison?

- Parce que l'impact de ces organisations est limité. Chaque réunion commence par «Pensons à nos frères palestiniens qui n'ont pas pu venir à cause des check points»... Et après? Qui va effectivement gueuler devant les check points? La seule association dont je fasse encore partie est le Comité international sur l'éducation et l'occupation, un groupement d'enseignants israéliens et palestiniens que j'ai cofondé. L'industrie de la paix est un énorme business en Israël. Il y a des fondations qui reçoivent des millions, mais à quoi bon? On fait des «recherches», on organise un camp de 15 jours avec des petits Israéliens et des petits Palestiniens. On leur demande à la fin s'ils se détestent toujours, ils répondent oui et on exige encore quelques millions, parce que visiblement ça n'a pas suffi! Cela me dégoûte. Ces organisations restent en surface, n'abordent jamais les questions essentielles comme le droit au retour des réfugiés ou la construction du mur de sécurité.

- N'êtes-vous jamais découragée?

- Bien sûr, car les autorités seront toujours plus fortes que nous. Nous avons de l'espoir, mais pas la prétention de changer les choses. Nous sommes arrivés à créer un petit monde avec nos amis palestiniens qui surpasse le racisme et les frontières, c'est déjà quelque chose. La preuve que l'on peut vivre ensemble. Et puis c'est important d'apprendre à nos enfants qu'il y a des lois qu'il faut transgresser, que le pouvoir n'est pas divin.

- Vous avez dit: «Il est temps pour nous de redevenir des mères juives.» Qu'entendiez-vous par là?

- La mère, normalement, protège ses enfants par tous les moyens et en toutes circonstances. Ici, nous les élevons pour les sacrifier ensuite à l'armée et au gouvernement. Ce n'est pas juif du tout! Le sionisme nous laisse croire que notre utérus est un trésor national, que nous sommes des machines à fabriquer des soldats israéliens. J'ai été extrêmement choquée quand mon fils aîné a été appelé à l'armée; c'est comme si on me le prenait. C'est cette voix-là qui doit aujourd'hui s'élever, la voix des mères. Beaucoup, hélas, sont fières d'avoir éduqué un combattant, y compris parmi les électrices de gauche. Décider de ne pas vouloir être la mère d'un cadavre ou d'un assassin n'est pas si évident, surtout quand il y a aussi un père.

- On dit que les négociations pourraient reprendre. Les émissaires européens et américains se pressent au chevet du Proche-Orient. Avez-vous un quelconque espoir?

- Aucun, tous ces gens appartiennent à la même mafia. Je ne crois pas en une solution couchée sur un papier coûteux par des gens en costume, que l'on ne voit
jamais dans la rue.

© Le Temps, 2007 .

giovedì 30 agosto 2007

Ban on truckloads of paper set to hit Gaza schools


UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, 30/08/07. JERUSALEM, 26 August 2007 (IRIN) - The Israeli ban on deliveries of paper to Gaza is not only threatening to create a shortage of textbooks in the Strip but also shining a spotlight on what constitutes legitimate humanitarian aid.

Israel is allowing in food, medicines and fuel, which it sees as essential aid, but not paper, even though many would see education as a vital sector in need of all the support it can get.

Because of an Israeli ban on deliveries of paper to Gaza, some 200,000 children will begin the new school year on 1 September without the books they need, UNRWA said


"Some 200,000 children will go into our classrooms on 1 September, and won't have the books they need," John Ging, the Gaza director of UNRWA, the UN agency for Palestinian refugees, told IRIN.

The shortage has emanated from Israel's refusal, so far, to allow five trucks of paper into the impoverished territory, needed to print the textbooks. Since the Hamas takeover of Gaza in June, Israel has clamped down on the borders, bringing imports and exports almost to a halt with the exception of basic humanitarian goods.

The latest development serves as an indicator of the difference of opinion between many aid organisations and Israel on what is considered "humanitarian aid".

Shadi Yassin, from the Israeli military's coordination unit, recently confirmed that the state remained committed to allowing in such assistance.

Indeed, food and medicine continue to make it into the Gaza Strip and even fuel. However, many goods are locked out.

Public health projects threatened

"We are trying to get raw materials into Gaza," but without success, said Sebastien Kuster of CARE France, adding that the materials, including pipes, asphalt and cement for water and sanitation projects were humanitarian goods. "These are needed to complete work to guarantee continuous access to water for the people in Gaza."
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However, Israel maintains that these materials would block up the limited routes for basic supplies.

"The priority right now is getting food in," an Israeli security official stated, noting that Israel would not coordinate with Hamas on the other side of the border, as it sees the Islamic group as a terrorist organisation. With no solution to the impasse, the borders stay closed.

UNWRA’s Ging, too, is feeling the clampdown: "We cannot get in vital supplies like construction materials for homes and schools. There is already overcrowding," he said, noting that health clinics were also scheduled to be built.

Many of UNRWA's water and sanitation projects have also been halted. "These are public health issues," Ging said, adding that over time a people could not be sustained on just the most basic aid.

Paper and radicalism

Even if the paper arrived immediately, the school year would still begin without the textbooks. According to the UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs, to print the over 350,000 books needed by UNRWA, factories would require between 20 and 25 days, "assuming the electricity is functioning normally".

Officials in Israel, speaking on condition of anonymity, said the state is concerned the paper might be used to print books with Hamas ideology imbedded within them, or for other propagandist endeavours.

However, Gershon Baskin, the Israeli director of the Israel-Palestine Centre for Research and Information, who is campaigning to get the paper in, said so far there is no indication Hamas will change the curriculum.

"It remains a concern," he admitted. "But by not allowing them to print books, will the thoughts and ideas go away? If they want to teach [radicalism], someone can teach without a book," said Baskin.

Not letting in the paper is "denying children their right to education", he concluded.