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mercoledì 14 novembre 2007

Un an après le discours de Grossman, rien n’a changé. Le mémorial Rabin propose pop stars et clichés

Gideon Levi, Haaretz, 4.11.07. Salut l’ami, salut la paix, à l’année prochaine, avec le même laïus creux, le même Gaza emprisonné et affamé, et les mêmes chanteurs, avec en outre ceux qui auront décroché eux aussi, l’an prochain, des disques d’or et qui se joindront à la chorale. L’an passé, l’écrivain David Grossman, qui venait de perdre son fils [lors de la guerre au Liban - ndt] était venu à la tribune et avait tonné contre nos dirigeants creux et, un court instant, les cœurs avaient été en émoi ; hier soir, place Rabin, il n’y a pas eu le moindre orateur, pas d’écrivain ni d’intellectuel, pour dire quelque chose de significatif dans le vide de ce rassemblement à la mémoire d’Yitzhak Rabin qui ressemblait par dessus tout à un concert-rassemblement. Le public ? Toujours le même : ashkenaze, laïc, de gauche et pour la paix – tel qu’il se voit lui-même. Qu’il est doux et agréable d’être là une fois par an, sur la place Rabin, et de sentir que l’on fait partie de cette famille chaleureuse. ous se sont réveillés hier soir, revenant un instant à la vie après un an de léthargie : la Paix Maintenant, le parti Travailliste, le Meretz, « Hashomer Hatzaïr » et « HaNoar Haoved vehaLomed » (la jeunesse laborieuse et studieuse - ndt) dont les chemises bleues ont reparu un moment, hier soir. Aharon Barnea a de nouveau revêtu l’habit du prophète de la colère qu’il endosse une fois l’an, début novembre : « Nous n’oublierons pas et nous ne pardonnerons pas », a-t-il tonné en notre nom à tous, en un slogan qui accompagnait autrefois les rassemblements de commémoration du génocide. « Soyez tranquilles, il y aura la paix », a promis le présentateur de la principale édition du journal télévisé, et s’il le promet, c’est sûr qu’il y aura la paix. Hier soir, les clichés ont inondé la place Rabin : « l’espoir », « l’héritage », « la victoire » et « la paix », nul ne sait ce que ces mots signifient au juste. La place était couverte aussi de ballons blancs. Le blanc, c’est la paix. De temps en temps, un ballon éclatait ; de temps en temps, un ballon s’échappait et s’élevait dans le ciel noir de Tel Aviv. Un hélicoptère aussi et un ballon de surveillance survolaient les lieux, exactement comme ils le font en permanence dans le ciel de Gaza, qui n’avait jamais été aussi éloigné qu’hier soir de ces rassemblements pour la paix. Lorsqu’Ehoud Barak a dit que « l’héritage d’Yitzhak Rabin vit et s’agite en nous », songeait-il au black-out de Gaza et à l’affamement qu’il a lui-même orchestrés ? Personne n’a parlé de cela, hier. Les seuls applaudissements soutenus ont été gagnés par le Ministre de la Défense [Ehoud Barak] lorsqu’il a promis, on ne sait trop par quelle autorité, que « sa peine [ de Yigal Amir, l'assassin de Rabin] ne sera pas raccourcie, il ne sera pas amnistié et les portes de la prison resteront fermées sur lui jusqu’à son dernier jour ». Comme il est facile de s’unir contre Yigal Amir, le plus petit dénominateur commun du camp de la Gauche.

Un an a passé depuis le discours de Grossman sur les dirigeants creux, et rien n’a changé. Les dirigeants sont les mêmes, aussi creux qu’ils l’étaient et que l’est tout ce battage, ce verbiage sur « l’héritage de Rabin » et sur la paix. La jeunesse aux bougies qui était venue gémir amèrement sur cette même place [il y a 12 ans - ndt], est devenue adulte et a disparu, emportée par le vent et la haute technologie. A sa place, sont apparus de nouveaux jeunes gens en chemises bleues, qui n’étaient que de petits enfants le soir de l’assassinat. Shimon Peres leur a raconté qu’Yitzhak avait pensé à eux, seulement à eux, et eux aussi bien sûr pensent maintenant que la seule chose terrible qui soit jamais arrivée ici, c’est cet assassinat odieux.

Salut l’ami, salut la paix, à l’année prochaine, avec le même laïus creux, le même Gaza emprisonné et affamé, et les mêmes chanteurs, avec en outre ceux qui auront décroché eux aussi, l’an prochain, des disques d’or et qui se joindront à la chorale.

(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)

Source traduction : Palestine Solidarité
http://www.palestine-solidarite.org/analyses.Gideon_Levy.041107.htm

venerdì 9 novembre 2007

Sympathy For The Devil?

The movement to free Yigal Amir and what it says about Israeli society. Michele Chabin, The Jewish Week New York, 9.11.07. Jerusalem — The assassin, now a proud daddy, was dressed in his prison uniform, his legs shackled but his hands free to cradle his infant son. On Sunday, 12 years to the day that he gunned down Israeli Prime Minister Yitzchak Rabin, Yigal Amir was celebrating his son’s brit in a tent set up on the grounds of the Rimonim Prison near Netanya, where he is serving a life sentence. The next day, every media outlet in the country showed images of Amir’s brother, Amitai, smiling and waving to supporters with his right hand and holding the bassinet with his left. (Photos of the killer were prohibited by prison officials.) Dressed in a button-down beige shirt and khaki pants, a kipa and tzizit (ritual fringes) hanging over his belt, the baby’s uncle looked like any proud Orthodox Jew welcoming a nephew (who was conceived during a conjugal visit) into the Jewish people. To the horror of Israeli government officials and many private citizens, sympathy for Yigal Amir appears to be gaining momentum in circles not considered ultra-right wing. The campaign, which has so far included demonstrations at the prison where Amir is confined for life; bumper stickers declaring “Free Yigal Amir” and the circulation of 150,000 copies of a video designed to pull at the heart strings of the Israeli public (now being widely distributed over the Internet), was begun — perhaps not coincidentally — less than a month before Prime Minister Ehud Olmert is expected to make territorial concessions to the Palestinians at the Annapolis summit conference. Oz Almog, a sociologist at Haifa University specializing in Israeli society, agrees that such views are “not a shame anymore and [have] become, particularly in religious circles, quite common. Let’s not exaggerate: this opinion is not held by most of the Israeli public. But if 12 years ago there was one Yigal Amir, today there are 1,000. This illustrates to what extent Israeli society is losing its moral character.”