Visualizzazione post con etichetta Children of Abraham. Mostra tutti i post
Visualizzazione post con etichetta Children of Abraham. Mostra tutti i post

sabato 24 novembre 2007

Hébron, cité convoitée par les colons israéliens

Michel Bôle-Richard, Hébron Cisjordanie envoyé spécial, Le Monde, 21.11.07. Pour les colons, cela ne fait aucun doute : l'endroit est stratégique. Située sur une colline dominant une petite vallée, l'énorme bâtisse permet de contrôler l'accès au coeur historique d'Hébron. Le bâtiment de quatre étages, d'une superficie totale de 3 500 m2, est surtout une acquisition capitale dans la conquête du territoire palestinien par les colons pour établir un lien entre la colonie de Kyriat Arba et le caveau des Patriarches, lieu de culte important de cette cité antique tant pour les juifs que pour les musulmans. C'est pourquoi, le 19 mars, un groupe de colons a investi cet immeuble, situé à proximité d'une mosquée et d'un cimetière musulman, au milieu d'un quartier palestinien.

Soldiers and settlers
inside the new settlement's building

Depuis, pour ces habitants, c'est un enfer. Cernés par les colons, ils n'ont plus le droit d'utiliser la route et se déplacent à pied ou avec des carrioles, que les nouveaux barrages ne laissent pas toujours passer. La police et l'armée sont omniprésentes. Un poste de surveillance a été installé à proximité et sur le toit du bâtiment. En face, de l'autre côté du vallon, une tour de guet. Une dizaine de familles y sont installées, sous la haute protection des forces de sécurité. L'entrée y est interdite à la presse. Les colons sont là pour rester et le font savoir à leurs voisins, jugés indésirables. Un rapport publié par B'Tselem indique que l'immeuble a été connecté au réseau électrique et que des travaux ont été entrepris pour l'installation de nouveaux colons. Il dénonce "les abus et les violences exercés par les colons et les forces de sécurité, et les interdictions croissantes placées à la liberté de mouvement des Palestiniens". B'Tselem énumère toutes les attaques qui se sont produites depuis sept mois : "Agressions physiques et verbales ; insultes ; malédictions ; jets de pierre, d'urine, d'oeufs, d'ordures, de bouteilles vides", sous l'oeil indifférent des forces de sécurité qui, elles aussi, sont accusées de mauvais traitements et d'humiliations.

C'est une nouvelle pièce d'un puzzle qui se met en place pour évincer la population palestinienne située entre les points d'implantation déjà établis dans la vieille ville (600 à 700 personnes) et les deux colonies de Kyriat Arba et de Givat HaAvo (8 000 habitants) à la périphérie. Le grand arc de cercle serait ainsi complété, permettant de reprendre en partie possession de ce que David Wilder, porte-parole de la communauté juive, appelle "la première ville juive ayant existé dans le monde".

"Les colons ne cessent de nous attaquer. Mon fils a été traîné dehors et battu, se lamente Bassam Jaabari. Ils m'interdisent d'apporter de la marchandise. Ils nous crachent dessus, nous lancent des poubelles. Ils ne nous considèrent pas comme des humains. Ils cherchent à nous faire partir à tout prix. Mon frère est en prison depuis le 5 août avec six autres personnes accusées d'avoir jeté des pierres. C'est devenu infernal". Bassam Jaabari tient une petite boutique en contrebas du bâtiment des colons qui a été baptisée "la maison de la paix". "C'est pour montrer que les Arabes et les Juifs peuvent vivre en paix", dit, sans rire, David Wilder. Il explique que les accusations de B'Tselem sont "une fabrication. Il n'y a aucune preuve, pas une image. Les Juifs veulent vivre à Hébron et lorsqu'il y a une propriété à acheter, il est normal de le faire".

FAUX ACTES DE PROPRIÉTÉ

Contrairement à ce qu'affirme M. Wilder, les preuves de violences sont nombreuses. B'Tselem a fourni aux Palestiniens de petites caméras qui leur ont permis de filmer plusieurs agressions. Quant à acheter, les Palestiniens refusent de vendre, même sous la pression. Fayez Al-Rajabi, le propriétaire, raconte qu'il n'a jamais vendu ce bâtiment, dont il avait acheté le terrain, il y a treize ans, à un Jordanien. Il avait entrepris d'y édifier une construction dont les travaux ont été retardés à cause de l'Intifada. Pour ce garagiste, les documents de propriété des colons sont "des faux". "Ma maison m'a été volée", accuse-t-il. Il a même passé six mois en prison car l'Autorité palestinienne l'avait soupçonné d'avoir vendu à des colons. Ce qui est considéré comme un acte de collaboration. Dimanche 18 novembre, l'enquête gouvernementale demandée par la Haute Cour a conclu qu'effectivement, il n'avait pas vendu son bien et que, par conséquent, les occupants devaient en être délogés.

Il semble bien que les colons aient acheté au même Jordanien, un certain Ayoub Jaber, une propriété qu'il avait déjà vendue au garagiste. Le procureur de la Haute Cour avait estimé qu'il y avait de "sérieux doutes sur l'authenticité des documents présentés par les colons". Il y a quelques mois, le ministère de la défense avait ordonné l'expulsion des colons. Un appel a été interjeté. Pour les colons, l'important est de gagner du temps. Ils s'installent et créent sur le terrain une situation de fait. "Nous sommes chez nous et nous avons l'intention d'acheter tout ce qu'il est possible d'acheter, car Hébron, martèle M. Wilder, est un haut lieu du judaïsme."

Michel Bôle-Richard
Article paru dans l'édition du 21.11.07.

domenica 21 ottobre 2007

The Opposite of Silence

Phil Zabriskie/Jerusalem, TIME, 20.10.07. There is an Israeli group called Breaking the Silence, former soldiers who want to publicize what they’ve seen and done in the Palestinian Territories in order to counter what they perceive as Israeli leadership's desire to obscure what happens day-to-day in the name of security, and an inclination amongst the public to ignore it. They’ve collected several hundred interviews with ex-soldiers, staged exhibitions, and, with a group called Children of Abraham, they lead tours in Hebron. Members act as guides, discussing past experiences and current dynamics. They tour Hebron because there is an Israeli-administered area in the middle of the town, IDF soldiers protecting small groups of Israeli settlers, which Israeli citizens can legally enter. Plenty attention paid to the historical Jewish presence in Hebron, the strife between populations, the still-resonant massacre in 1929 of 67 Jews by Arabs, the near wholesale absence of Jews in Hebron until after the 1967 War. Their route into Hebron passes through Kiryat Arba, one of the larger West Bank settlements, wherein one finds Rabbi Meir Kahane Park and the grave of Baruch Goldstein. In 1994, Goldstein, an American-born doctor and resident of Kiryat Arba, shot and killed 29 Palestinians as they prayed in the Muslim section of the Tomb of the Patriarchs and was then himself killed. He was a follower of Kahane, a man who called Arabs a “cancer” that must be excised and founded the extremist Kach Party, which Israel outlawed and branded a terrorist organization. The guide starts to speak. A man storms into the circle loudly denouncing the tour’s presence, accusing everyone of planning to defile a holy site. This is Noam Federman from Tel Rumedia, a small settlement inside Hebron, a Kahanist who has been jailed in the past. Federman reaches the guide and shoves him in the chest with both hands. Yehuda Shaul, a Breaking the Silence founder, pulls out his video camera. When the guide speaks, Federman shouts or sings over him. Other settlers arrive, including Baruch Marzel, another of Kahane's American-born, oft-arrested acolytes and the founder of an outfit called the Jewish National Front. One of the settlers calls Shaul a terrorist and a Nazi. The police come. The guide accuses Federman of assault. Federman, despite the roughly 30 witnesses, accuses the guide and Shaul of assaulting him. The guide, Shaul, and Federman must all go to the police station to give statements. The tour continues into town, a Children of Abraham member pressed into the role of tour guide. Through a fortified army checkpoint, shuttered shops in an abandoned marketplace along the main road, which is closed to the Palestinians who make up roughly 80% of Hebron's population. An IDF military outpost that's also, for some reason, home to some settler families. Pathways Palestinians use to get to their homes since they can't drive or walk on the roads they once used. A checkpost at the edge of Tel Rumeida, where further passage is denied for security reasons. One feels the absence of leaders ready to confront the complexities and perils of this place. One feels the the prominent presence of people who think this bizarre, embattled state is how things are supposed to be, as dictated by book, or history, or psyche.

Near Tel Rumeida, Baruch Marzel, who’d been with Federman at the Goldstein grave--and who once advocated assassinating the founder of Peace Now--turns up again. “You are hearing nothing but lies,” he says. “Have you heard the history? Have you heard about Jews who were killed?”

“Yes,” says a tour participant. “Yes, we have.”

“Not the real truth,” Marzel responds. “They terrorize us, attack us constantly, and these people”—the tour leaders—“tell you lies.” Presumably, he feels the same about B’tselem, which just released a report on settler violence in Hebron, saying it's getting worse.

On the way out, the original guides return from the police station. One tour member had video of the confrontation, but says a file was opened, an investigation begun, into the charges against and made by Federman. Thus endeth the tour.