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giovedì 13 dicembre 2007

PALESTINE • La pénurie d'eau précipite la bande de Gaza dans la misère

Juan Miguel Muñoz (El País), Courier International, 11.12.07. Les conséquences du blocus économique imposé à la bande de Gaza par Israël et la communauté internationale depuis le triomphe électoral du Hamas en janvier 2006 n'ont jamais été plus tragiques qu'en ce moment, déplore El País. La démocratie s'est révélée bien funeste pour les quelque 1,5 million d'habitants de la bande de Gaza. Les pièces de rechange n'arrivent plus. L'alimentation en électricité se raréfie. Le système de traitement des eaux usées frôle la paralysie. Et tirer quelque liquide vaguement potable de l'un des 137 puits relève quasiment de l'exploit. A Gaza, les eaux usées se déversent dans deux grands bassins : celui de Beit Lahia, au nord, a débordé en mars et cinq Bédouins sont morts. Ce fut un premier avertissement. Le bassin est de nouveau plein à ras bord, et la saison des pluies vient de commencer. "Encore 30 à 50 centimètres, et les eaux sales se répandront par-dessus les sacs de sable que nous avons installés. Le risque, c'est un véritable raz-de-marée de merde", assure l'ingénieur Bachar Achour. "Au robinet, 1 mètre cube d'eau coûte 1 shekel [0,16 euro] ; pour la même quantité d'eau traitée vendue par les entreprises, il faut débourser 50 shekels. Beaucoup de gens ne peuvent pas se le permettre, alors ils boivent l'eau du robinet, constate l'ingénieur Bachar Achour. Elle présente de forts taux de chlorates et de nitrates, d'où une forte incidence sur les maladies des reins et des cas de cancer.

Triste ironie du sort. Malgré l'insuffisance des précipitations, les techniciens scrutent tous les jours le ciel, craignant que des orages violents ne fassent à nouveau déborder ce réservoir pestilentiel. "Si c'est le cas, 20 000 personnes devront s'installer 15 mètres plus haut pour échapper à la crue", ajoute ce jeune spécialiste. Dire que le traitement des eaux sanitaires usées est problématique est un doux euphémisme. Outre celui de Beit Lahia, un second réservoir gigantesque a été construit plus au sud, dans les faubourgs de la ville de Khan Younès. Des centaines d'enfants longent cet étang pour aller à l'école. Mais, dans le centre de la bande de Gaza, la situation est pire encore : les eaux souillées sont déversées directement dans la mer, sans le moindre traitement.

A Gaza même, les stations de pompage sont connectées à trois stations de traitement qui fonctionnent plus que mal. "Avec la pénurie d'électricité et de gazole, impossible de pomper", explique le technicien. Mais, si le gouvernement israélien met ses menaces à exécution, le pire est encore à venir : l'Etat hébreu prévoit en effet de limiter l'alimentation électrique, et depuis le week-end dernier les entreprises israéliennes ne livrent plus que 25 % des quantités qu'elles fournissaient jusque-là.

En hiver, une grande partie du territoire de Gaza se transforme en marécage, et dans les rues des villes apparaissent des flaques qui, mêlées aux détritus, forment une gadoue répugnante. Les éboueurs se démènent pour collecter les immondices, qui terminent dans des décharges disséminées dans toute la bande de Gaza. Mais certaines zones n'ont pas la moindre infrastructure. Et les habitants ne sont pas sensibilisés à la question. Parler d'environnement, ici, est presque une impudence. "A Khan Younès, les habitants creusent des fosses septiques à peu près n'importe où. Et, naturellement, la pollution des nappes phréatiques ne cesse de s'aggraver", déplore Bachar Achour. "De plus, beaucoup de gens relient illégalement la plomberie de leur maison à un réseau de conduits que nous avons construit pour stocker les eaux de pluie." Les conséquences sont catastrophiques : le précieux liquide collecté pour reconstituer les eaux souterraines surexploitées est gaspillé et perdu.

La Lettre à Elise de Beethoven retentit dans les rues de Gaza, de Khan Younès et de Rafah. Dans ces villes où l'eau du robinet a un goût d'eau de mer, des hommes conduisent des ânes tirant des carrioles chargées d'énormes bidons. L'eau est également distribuée par camion-citerne. Et la pièce pour piano du grand compositeur allemand annonce que la vente est ouverte. A des prix prohibitifs, bien sûr. "Au robinet, 1 mètre cube d'eau coûte 1 shekel [0,16 euro] ; pour la même quantité d'eau traitée vendue par les entreprises, il faut débourser 50 shekels. Beaucoup de gens ne peuvent pas se le permettre, alors ils boivent l'eau du robinet, constate l'ingénieur Bachar Achour. Elle présente de forts taux de chlorates et de nitrates, d'où une forte incidence sur les maladies des reins et des cas de cancer.

giovedì 8 novembre 2007

A moment before the lights go out

Amira Hass, Haaretz, 8.11.07. Alan Johnston, the BBC corresponded kidnapped in Gaza, related in an interview that at a relatively early stage, he started suffering from all kinds of aches because of the water he drank. This was the same water that the kidnappers drank, but Johnston's unaccustomed body sent warning signals: This is not water that is fit for drinking. And this is the water that reaches most of the taps in the Gaza Strip. Salty, in a few places brackish to contaminated, with an oily consistency. That is clearly felt when bathing.

The reason is an ancient one: overpumping because Gaza must make do with the waters from its aquifer alone. It is as if we were to say to the residents of Be'er Sheva: make do with the water that flows nearby. The water sources in the rest of the country are not for you.

Over the last few years, there have been some improvised private and public solutions. Private water purification plants in homes and commercial companies that sell purified water.

The municipalities, for their part, set up large brackish water desalination facilities and several central taps. Thousands of people go there daily to fill up jerry-cans with water that will not taste like it came from a puddle and will not cause diarrhea, infections, kidney problems and who knows what else.

The electricity and fuel supply to Gaza has already been reduced to below the level of basic human needs. An additional reduction will affect the above solutions to the water problem, and beyond. "To darken Gaza," as some of the security experts among us have recently proposed, does not end merely with darkened homes at night. You don't have to be an expert in public health to realize that it would create an endless chain reaction of public health problems and environmental blights.

Today, around a year and a half after Israel bombed the transformer station in Gaza, only 193 megawatts out of the 240 or so it needs is supplied to the Strip.

The water network is the biggest energy consumer in the Gaza Strip: it requires approximately 25 megawatts of the 240 megawatts the Gaza Strip needs.

The 135 wells across the Gaza Strip that supply water, poor quality as it may be, cannot function if the electricity and diesel fuel supply is cut further. The same is true of sewage treatment plants.

Already now, each day, no water is supplied to around 15 percent of the Strip's residents. Each area receives water only every other day. The water is pumped electrically and stored in home reservoirs on every rooftop. Power outages are frequent.

When a power outage in a given area occurs on a day when the municipalities channel water to it, the houses are denied water for three, and sometimes even four, days.

The water network also needs around 150,000 liters of diesel fuel per month. The sewage system needs around 100,000 liters.

The Coastal Municipalities Water Utility, the supplier of sewage and water services in the Gaza Strip obtained only 60,000 liters of diesel fuel in October, because the quantity of fuels sold from Israel to the Gaza Strip was reduced. And this is before "the darkening" proposed by Ehud Barak and Matan Vilnai.

The water company must choose to favor the sewage system over the water system. As the deputy CEO of the company, Maher Najjar, explains: The collapse of the sewage system entails a bigger humanitarian threat.

Just imagine a huge flood of sewage. Hence, for example, the seven wells in the northern Gaza Strip that are diesel operated were allocated only 2,000 liters of diesel in early November, instead of the 10,500 liters needed to operate them.

Even before the lights go out, Israel is prohibiting the entry of raw materials into the Gaza Strip.

No one is talking any more about dozens of development projects that have consequently been frozen, such as the one to desalinate well water that serves the residents of the El Bureij refugee camp. Let them continue drinking the water that endangers their health.

Raw material is not the only thing Israel is barring entry of: Vital spare parts are also being barred entry. In the Gaza City sewage treatment facility there are several minor malfunctions.

However, Israel is barring the entry of the spare parts needed to repair them. Sewage undergoes only minimal treatment before it flows into the sea. And the sea, of course, doesn't stop at the Erez or Rafiah checkpoints.