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giovedì 13 dicembre 2007

Splinter group bids to keep the outpost movement alive


Headed by Rabbi Moshe Levinger (photo) , the American-born founder of the current Jewish neighborhood in Hebron, members of the Land of Israel Faithful say they hope these settlements will grow and foil any possible future peace deal with the Palestinians. May 18, 2002, Wikipedia. Israeli Shin Bet officials announce they have arrested six Israelis for conspiring to bomb Palestinian schools in April, including Noam
Fiamma Nirenstein,
Ma’ale Adumim settler
from Italy

Federman, a leader of the Kach movement of the late Rabbi Meir Kahane, and Menashe Levinger, son of Rabbi Moshe Levinger. Rabbi Moshe Levinger has been arrested and charged at least 10 times starting in 1975 in relation to incidents in Hebron or Kiryat Arba. Wikipedia

Dina Kraft, Jewish Telegraph Agency, 14.12.07. The ambiguity of Israel’s policy toward these outposts was highlighted at a September meeting of the government committee charged with dealing with them. "Everything was done with the government's permission, even if it was with a wink, therefore everything is legal,” Avigdor Lieberman, Israel’s minister for strategic affairs, was quoted as saying. “You can't pave roads and transfer water and electricity lines in the dead of night. It is inconceivable that today people are suddenly denying this." Foreign Minister Tzipi Linvi said a government commitment to remove the outposts was not up for debate. Israeli human rights activists long have complained that settlers act with impunity in the West Bank. "It's clear that if Palestinians seized land that was not theirs, they would not be allowed to stay for more than five minutes, but the approach to settler youth is very different," said Lior Yavne, director of research for Yesh Din, an Israeli human rights group. "Basically the law enforcement system is nonexistent when it comes to handling repeated offenses related to settlers taking over land."
"If we want the land to be ours, then we have to come and settle it. This is the first step toward what I hope will one day be a community here," Ayana said, looking out at the sloping, sand-colored hills across from Ma’ale Adumim, one of the largest Jewish settlements in the West Bank located just a few miles outside of Jerusalem. Ayana and her comrades were the foot soldiers in a campaign launched by a splinter settler group to take over nine hilltops across the West Bank over Chanukah. Overall there are some 100 illegal outposts across the West Bank. This one, its supporters say, is meant to ensure neighboring Ma’ale Adumim is expanded into an area called E-1 -- a controversial swath of land many say cuts off the northern and southern parts of the West Bank. If this land is annexed by Israel -- most Israelis expect Ma’ale Adumim to become part of Israel in a final-status agreement with the Palestinians -- Palestinians say their state could not be contiguous.

In the past, what would begin as a small cluster of tents or trailers often evolved into de facto settlements with homes, fields and even running water and electricity. Sometimes they would be set up by the government itself. In recent years, however, the mainstream settler movement, represented by the Yesha Council, has begun focusing more on preserving existing settlements than creating new ones, given the increasingly likelihood of a future Israeli withdrawal from most of the West Bank. As a result, a new settler organization called the Land of Israel Faithful has set out to continue occupying as many hilltops as possible -- specifically ones near existing settlements, so the existing settlements grow to other hilltops.

Headed by Rabbi Moshe Levinger, the American-born founder of the current Jewish neighborhood in Hebron, members of the Land of Israel Faithful say they hope these settlements will grow and foil any possible future peace deal with the Palestinians.

The former mayor of the Jewish West Bank settlement of Kedumim, Daniella Weiss, who is on the group’s board, said that in meetings at homes and hilltops across the West Bank, people of all ages are coming together to strategize on how to best stake out what they see as their biblical birthright.

"Politics are very much influenced by what we, the settler movement, do on the land,” Weiss said. “With our building more outposts and more settlements, we prevent the government from fulfilling the idea of giving away territories." The youth who settle the outposts say they are not deterred by the illegality of their actions.

"There is a clear commandment to settle the Land of Israel according to the Torah. It has been ours since the time of Abraham, so we don't need permission," said David, 17, his kipah covered partially by a black wool hat.


martedì 11 dicembre 2007

Colons : aux avant-postes contre un État palestinien

Des colons israéliens prennent possession d’un bâtiment abandonné sur une colline située entre la colonie de Maale Adoumim, en Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Cette terre nous a été donnée dans sa totalité par la Torah. Aujourd’hui nous ne sommes pas venus ici pour construire, mais pour protester contre tout projet de céder notre terre aux Palestiniens. Un jour nos maisons s’étendront ici. Car la logique le veut.

Patrick Saint-Paul envoyé spécial à Maale Adumin, Le Figaro, 10.12.07. Hier, quelque mille ultranationalistes israéliens ont érigé symboliquement huit nouvelles colonies en Cisjordanie. Hier soir, la plupart des colons avaient abandonné les huit avant-postes. Cependant, quelques dizaines d’entre eux sont restés pour y allumer des bougies de Hanoukka. « Aujourd’hui nous ne sommes pas venus ici pour construire, mais pour protester contre tout projet de céder notre terre aux Palestiniens, explique le député nationaliste religieux Arieh Eldad. Un jour nos maisons s’étendront ici. Car la logique le veut.»

Coiffés de leurs traditionnelles kippas tricotées et agitant des drapeaux israéliens, les colons dansent en entonnant des chants nationalistes. D’autres se basculent d’avant en arrière, Torah à la main, et récitent leurs prières devant un muret de fortune. Quelque 300 extrémistes juifs ont gravi, hier, une colline stratégique située entre la colonie de Maale Adoumim, en Cisjordanie et Jérusalem-Est. Ils y ont posé les premières pierres d’un avant-poste, baptisé «Mevaseret Adoumim», espérant ainsi contribuer à l’échec des négociations de paix israélo-palestiniennes.

Déployés autour de la colline, les policiers israéliens laissent passer les colons à pied. Cependant, ils leur interdisent l’accès avec leurs véhicules, pour empêcher la construction de bâtiments, qui serviraient d’embryon à une «colonie sauvage». «C’est un scandale, la police a fermé la route aux Juifs, s’offusque Aryeh Itzhaki, l’un des chefs du mouvement «Fidèles à la Terre d’Israël». C’est de l’Apartheid à l’envers. Si l’on ne relie pas Maale Adoumim à Jérusalem, les Palestiniens s’installeront ici et nous serons forcés d’aller prier au mur des Lamentations en bus blindé sous les jets de pierres des terroristes. Notre but est de déjouer le complot visant à créer un État palestinien.»

L’endroit n’a pas été choisi au hasard. Les colons ont installé «Mevaseret Adoumim» en plein cœur de la zone dite «E1». Sous la pression des États-Unis, le gouvernement israélien a renoncé provisoirement à y construire 4 000 nouveaux logements et une zone industrielle. Israël espérait ainsi arrimer définitivement la plus grande colonie de Cisjordanie, Maale Adoumim, 34 000 habitants, à Jérusalem distante d’une dizaine de kilomètres. Les Palestiniens avaient vivement dénoncé ce projet, parce qu’il coupe en deux la Cisjordanie, rendant extrêmement problématique la constitution d’un État palestinien contigu et viable.

La permanence du projet E1

Israël n’a cependant pas renoncé à construire le quartier général de la police israélienne en Cisjordanie, passant outre l’opposition des États-Unis. Marquant cette détermination, l’imposant bâtiment de la police se dresse au sommet d’une colline, face à «Mevaseret Adoumim», desservie par une route goudronnée à quatre voies. «Tous les premiers ministres israéliens depuis Yitzhak Rabin ont donné leur accord pour la construction du projet E1, affirme Aryeh Itzhaki. Le poste de police a été construit pour protéger nos concitoyens, qui s’installeront ici. E1 verra le jour, car nous ne pouvons pas laisser les Palestiniens morceler notre État.»

Censée relancer les négociations israélo-palestiniennes, la conférence d’Annapolis, qui s’est tenue fin novembre près de Washington, a ravivé l’inquiétude des quelque 450 000 colons habitant à Jérusalem-Est et en Cisjordanie. Le premier ministre israélien, Ehoud Olmert, s’est dit prêt à envisager la création d’un État palestinien tenant compte de la nouvelle réalité créée par les grands blocs de colonies juives, qui grignotent et morcellent la Cisjordanie. Cependant, un accord entraînerait l’évacuation d’environ 80 000 colons, installés à l’est de la barrière de séparation avec les Palestiniens.

Hier environ 1 000 colons ultras se sont mobilisés, pour ériger symboliquement huit nouvelles colonies sauvages en Cisjordanie. Ils ont manifesté ainsi leur opposition au gel de la colonisation, que s’est engagé à respecter le gouvernement Olmert à Annapolis. Ce «gel» avait déjà été mis à mal la semaine dernière par un projet israélien de construction de 300 nouveaux logements dans la colonie de Har Homa, perchée sur les hauteurs de Bethléem. «Nous n’avons pas attendu le retour sur notre terre sainte pendant deux mille ans, pour que les États-Unis nous dictent à quel endroit nous avons le droit de nous installer, lance le rabbin de Maale Adoumim, Yehoshua Katz, en inaugurant le nouvel avant-poste. Cette terre nous a été donnée dans sa totalité par la Torah.»

Hier soir, la plupart des colons avaient abandonné les huit avant-postes. Cependant, quelques dizaines d’entre eux sont restés pour y allumer des bougies de Hanoukka. « Aujourd’hui nous ne sommes pas venus ici pour construire, mais pour protester contre tout projet de céder notre terre aux Palestiniens, explique le député nationaliste religieux Arieh Eldad. Un jour nos maisons s’étendront ici. Car la logique le veut.»


mercoledì 21 novembre 2007

Gerusalemme è e resterà israeliana

Michele Giorgio, il manifesto, 18.11.07. Come e perché il prossimo vertice convocato da Bush a Annapolis sarà una trappola in cui il presidente palestinese Abu Mazen andrà a cacciarsi. La città e la Cisgiordania isolati l'una dall'altra. Allo «Stato» di Palestina andranno solo alcuni quartieri etnicamente arabi. Per un antropologo prestato all'impegno politico come Jeff Halper la realtà non è di difficile intepretazione. E le previsioni sono quasi automatiche. L'incontro di Annapolis, previsto tra una decina di giorni, al quale l'amministrazione Bush attribuisce un potere taumaturgico, non solo non offrirà soluzioni in linea con il diritto internazionale ma si svolgerà in un percorso definito con largo anticipo da Israele. E' un tragitto, spiega l'esperto israeliano, volto a convincere la leadership palestinese a rinunciare alla Gerusalemme araba (est), occupata militarmente nel 1967, in cambio di una vaga sovranità su qualche rione o sobborgo della città abitato da palestinesi. «E' un progetto politico - spiega Halper, noto in Italia come coordinatore dell'Icahd (Israeli Committee Against House Demolitions) - che è partito subito dopo l'occupazione con la costruzione di insediamenti ebraici nella zona est dove ormai, dopo 40 anni, vivono circa 200mila coloni israeliani». Tuttavia, aggiunge l'antropologo, per annettere in via definita Gerusalemme est a Israele e mantenere la città a maggioranza ebraica non è sufficiente costruire gli insediamenti. «Nella ridefinizione dei confini che avevano e hanno in mente i dirigenti politici israeliani è necessario tagliare fuori dalla città quanti piu palestinesi possibile». Non soprende, aggiunge, «che i centri abitati palestinesi ad alta densità di popolazione siano stati escluse dai confini della linea rossa che definisce l'area sulla quale sta sorgendo la Grande Gerusalemme. In sostanza hanno annesso zone che un tempo non facevano parte di Gerusalemme e hanno estromesso aree che prima vi erano incluse».
A Annapolis il premier israeliano Ehud Olmert e i suoi collaboratori andranno decisi a strappare al presidente palestinese Abu Mazen quel «sì» che l'ex primo ministro Ehud Olmert non riuscì ad ottenere dal rais Yasser Arafat. Andranno negli Usa con in mente la Grande Gerusalemme, un progetto che passo dopo passo sta trasformando la città santa in una vera e propria regione inserita, come un cuneo, nel cuore della Cisgiordania, spaccandola in due.
«Quando si parla di Stato palestinese, uno Stato sovrano che può autosostenersi economicamente, ci riferiamo ad un territorio omogeneo, non a macchia di leopardo, collegato in tutte le sue parti da una rete stradale - aggiunge il geografo Khalil Tufakji, noto esperto palestinese di Gerusalemme -. Ci deve essere, ad esempio, una autostrada che metta in comunicazione il nord col sud della Cisgiordania, per il movimento di beni e persone, altrimenti non si può nemmeno parlare di un vero Stato». Tenendo conto della geografia, spiega Tufakji, il transito tra nord e sud della Cisgiordania si interrompe tra la colonia ebraica di Maale Adumim e Gerusalemme est. «In quel punto - prosegue - Israele sta costruendo un'area che si chiama "E1" e che chiude l'unico corridoio che hanno i palestinesi, costringendoli a passare per Gerusalemme per poter recarsi da nord a sud. In sostanza, i palestinesi in futuro saranno sotto costante controllo perchè per spostarsi lungo il loro territorio dovranno chiedere il permesso a Israele».
Il muro di separazione costruito intorno a Gerusalemme (181 km), spiega Tufakji, «è parte essenziale del progetto riguardante la zona "E1": da un lato delimita il territorio palestinese che Israele intende attennersi e dall'altro isola i 250.000 palestinesi di Gerusalemme est dal loro Stato e da Ramallah, la città più importante della Cisgiordania. Il muro garantisce inoltre l'annessione di tutti i blocchi di insediamento intorno alla città e la loro espansione sulle terre palestinesi confiscate durante la costruzione della barriera».
Il governo Olmert, incurante delle incerte e deboli obiezioni statunitensi, è deciso ad andare avanti e descrive il progetto per la zona "E1" come un passaggio necessario per garantire la «sicurezza» di Gerusalemme, tutta sotto sovranità israeliana, ad eccezione, come spiega Halper, delle aree densamente popolate da palestinesi. A fine settembre ha perciò rilanciato il progetto e ordinato la confisca delle terre palestinesi a ridosso di Maale Adumim che, grazie alla costruzione di altre 3500 case per coloni, si ritroverà collegata a Gerusalemme. Le confische riguardano di 110 ettari di terre di Abu Dis, Sawahreh a-Sharqiye, Nabi Mussa e Khan Ahmar, nei pressi di Gerusalemme est e sulla strada che porta a Maale Adumim. Così modo i palestinesi perderanno continuità territoriale con la valle del Giordano.
A lanciare il progetto "E1" è stato nel 1994 il «martire della pace» Yitzhak Rabin. Mentre ritirava il premio Nobel per la pace assieme a Yasser Arafat e all'allora ministro degli esteri Shimon Peres, il premier israeliano assassinato 12 anni fa da un estremista di destra ebreo, garantiva la crescita della colonie e l'annessione, in forma dilatata rispetto al 1967, della Gerusalemme palestinese. Il progetto "E1" venne congelato nel 2005 su pressione di Washington e non casualmente ha ripreso slancio proprio subito dopo l'annuncio dell'incontro di Annapolis fatto da George Bush. «L'espansione delle colonie nella regione di Gerusalemme, va a minare, anzi annientare gli sforzi di pace», ha dichiarato Saeb Erekat, negoziatore palestinese e stretto colaboratore di Abu Mazen. Tuttavia l'Anp non ha mai posto come condizione per andare ad Annapolis lo stop dei progetti israeliani a Gerusalemme e nei Territori occupati.
Abu Mazen ad Annapolis corre il rischio concreto di vedersi accusare, proprio come accaduto al suo predecessore Arafat a Camp David, di non aver accettato le «generose offerte» (il controllo di qualche rione arabo) presentate da Olmert su Gerusalemme e Cisgiordania (Gaza, strangolata dal blocco economico e militare, formalmente è un territorio che Israele ha restituito ai palestinesi). «Si sta scherzando con il fuoco perché questa terra determinerà se ci sarà o meno la pace - sottolinea Jeff Halper -. Israele ha il controllo di tutta Gerusalemme, dei confini, delle strade e dell'acqua. E stando così le cose come si potrà costituire uno Stato palestinese?».

sabato 1 settembre 2007

A l'est de Jérusalem, l'entrelacs de routes aménagées par les Israéliens compromet la viabilité d'un futur Etat palestinien

Benjamin Barthe, Le Monde, 01/09/07. Les négociations entre le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Ehoud Olmert - qui se sont rencontrés une nouvelle fois, mardi 28 août - n'impressionnent visiblement pas le ministère israélien des transports : sur le terrain, ses pelleteuses et ses géomètres façonnent pour la Cisjordanie un avenir aussi éloigné que possible d'un quelconque accord de paix.


D'après un rapport de l'organisation pacifiste israélienne La Paix maintenant, publié lundi 27 août, 315 millions de shekels (55 millions d'euros) ont été investis cette année dans la construction de six routes destinées à relier au territoire israélien des colonies situées à l'est de la "barrière de séparation", donc promises à la démolition dans la logique d'un accord de paix. L'un des chantiers prévoit notamment de connecter à Jérusalem quatre implantations du sud de Bethléem : Tekoa, Asfar, Maale Amos et Nokdim, lieu de résidence d'Avigdor Lieberman, le ministre des affaires stratégiques, chef du parti d'extrême droite Israël Beitenou. "Cette route doit lui permettre de rejoindre son bureau d'une seule traite, sans croiser le moindre indigène", raille l'avocat israélien Dany Seideman, fondateur de l'association Ir Amim, qui travaille à une meilleure entente entre Juifs et Arabes dans la Ville sainte.

Les plans du ministère des transports prévoient également l'élargissement de la route d'accès à Ariel, l'une des colonies les plus peuplées de Cisjordanie, ainsi que de l'artère Jérusalem-Jéricho, fréquentée par les colons de la vallée du Jourdain. Les nouveaux ouvrages ainsi créés s'ajouteront à la trentaine de routes préexistantes, d'une longueur de 350 km, interdites de façon partielle ou intégrale aux Palestiniens.

La version officielle, selon laquelle ces investissements ne sont motivés que par des questions de sécurité, est contestée par le géographe palestinien Khalil Toufakji. "Le gouvernement israélien veut créer deux Etats à l'intérieur de la seule Cisjordanie, affirme-t-il : un pour les colons qui disposeront d'infrastructures leur permettant d'être de facto assimilés à Israël ; et un autre pour les Palestiniens qui sera constitué de cantons isolés les uns des autres. Comme durant le processus de paix, les belles paroles prononcées devant les médias sont en décalage complet avec la réalité sur le terrain."

COUPURE NORD-SUD

En réponse à cette critique, l'Etat juif dit travailler également à la "continuité" territoriale dont le président américain George Bush a fait l'un des prérequis du futur Etat palestinien. De fait, divers chantiers ont été lancés pour désenclaver au moyen de ponts ou de tunnels les poches d'habitations créées par la barrière de séparation. A l'est de Jérusalem, une rocade est également en cours de construction dans le but d'accélérer le trafic entre Ramallah et Bethléem. L'un des tronçons sera ouvert aux automobilistes israéliens, qui seront séparés de leurs homologues palestiniens par un mur érigé au milieu de la chaussée.

Signe que la viabilité du futur Etat palestinien n'est pas le principal souci des planificateurs, l'échangeur pour accéder à Jérusalem ne sera ouvert qu'aux Israéliens. Un choix éloquent, selon Dany Seideman : "Olmert poursuit l'oeuvre de Sharon, qui avait imaginé le concept de continuité par les transports pour répondre aux inquiétudes de la Maison Blanche, tout en continuant à construire des colonies."

A l'est de Jérusalem, en l'occurrence, le gouvernement espère pouvoir bâtir la zone dite "E1", un ensemble de collines pelées qui s'étendent entre la partie arabe de la Ville sainte et l'immense bloc de colonies de Maale Adoumim. Pour les Palestiniens, la mise en oeuvre de ce projet sonnerait le glas de leur rêve d'Etat, car il promet d'accentuer la coupure nord-sud de la Cisjordanie et d'isoler celle-ci de Jérusalem-Est, dont ils veulent faire leur capitale.

"La route Ramallah-Bethléem est la réponse du gouvernement à ces critiques, dit Dany Seideman. Elle lui permet de dire aux Américains : "Regardez, même avec E1, les Palestiniens circulent librement." La continuité nord-sud ainsi créée aura la largeur de la route : 16 mètres, ni plus ni moins. Abba Eban (un ex-diplomate israélien) disait que les hommes politiques ne se mettent à agir intelligemment que lorsqu'ils ont épuisé toutes les alternatives, conclut Dany Seideman. Visiblement, nous n'y sommes pas encore."

Benjamin Barthe
Article paru dans l'édition du 01.09.07.